Sylvie Kandé, lauréate du Prix French Press 2026
Une œuvre poétique reconnue à l’international
Sylvie Kandé est l’autrice de trois recueils de poésie publiés chez Gallimard. Lagon, lagunes. Tableau de Mémoire (2000) est postfacé par Édouard Glissant. La quête infinie de l’autre rive : épopée en trois chants (2011) a reçu le Prix Lucienne Gracia-Vincent en 2017, sous les auspices de la Fondation Saint-John Perse. L’ouvrage a été traduit en allemand par Matthes & Seitz et en anglais sous le titre The Neverending Quest for the Other Shore: An Epic in Three Cantos (Wesleyan University Press, 2022). Gestuaire (2016) a reçu le Prix Louise Labé et a été traduit en allemand sous le titre Stiller Tausch (Lyrik Kabinett, Hanser, 2024), puis en anglais sous le titre Gestuary (Seagull Books, 2026).
Des extraits de ses poèmes, aux côtés de textes de Maya Angelou et de Salgado Maranhão, ont été sélectionnés par Yosvany Terry et Alicia Hall Moran pour Atlantic Connections, un cycle de chansons commandé par le Harvard University Committee on Arts et interprété à Farkas Hall et au Harvard Art Museum. Les poèmes de Sylvie Kandé ont également paru dans plusieurs revues et anthologies, notamment Po&Sie, Souffle inédit, Transition, Asymptote et Guernica, ainsi que dans Poésie du Louvre (Seghers), ouvrage republié par la New York Review of Books sous le titre At the Louvre en octobre 2024.
Diplômée de l’Université Paris VII, Sylvie Kandé a contribué à l’Histoire générale de l’Afrique publiée par l’UNESCO. Professeure au département d’histoire et de philosophie de SUNY Old Westbury, elle est membre des Anciens élèves de Louis-le-Grand et de PEN. À New York University, où elle a créé le programme d’études francophones, elle a reçu un Golden Dozen Teaching Award. Elle est également titulaire d’un SUNY Chancellor’s Award for Research & Creative Activities.
Son projet de résidence : revisiter les représentations de l’esclavage aux États-Unis
Le projet littéraire de Sylvie Kandé prend pour cadre les États-Unis de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, période marquée notamment par l’adoption de la loi fédérale sur les esclaves fugitifs (Fugitive Slave Act). Il s’intéresse également à l’histoire des représentations de l’esclavage dans l’Amérique contemporaine.
Conçu comme un « méta-roman », le projet mettra en conversation deux œuvres : Uncle Tom’s Cabin (1852), le célèbre roman de Harriet Beecher Stowe qui symbolise la montée en puissance de l’abolitionnisme américain et connut, dès sa parution, un immense succès en France ; et le récit autobiographique de Josiah Henson, The Life of Josiah Henson, Formerly a Slave, Now an Inhabitant of Canada, as Narrated by Himself (1849), dont Harriet Beecher Stowe se serait probablement inspirée.
Il ne s’agira ni de raconter une rencontre personnelle ni de départager un modèle et sa copie, mais d’imaginer la mise en relation de deux récits qui s’inventent et se réinventent mutuellement. Le roman explorera également le fardeau que portent par anticipation les auteurs-personnages, Harriet Beecher Stowe et Josiah Henson : celui de la figure de l’Oncle Tom, devenue le trope de l’acquiescement pathétique d’un individu à son propre asservissement.
À travers la fiction, Sylvie Kandé examinera les avatars de ce stéréotype, profondément ancré dans la langue et l’imaginaire des relations sociales contemporaines, aux États-Unis comme au-delà de leurs frontières.
Bien que le projet relève d’une démarche allégorique, la résidence Jules Verne lui permettra d’accéder à des sources historiques essentielles, notamment à la Harriet Beecher Stowe House, à Cincinnati, dans l’Ohio, et de s’imprégner des paysages du Midwest, indispensables à la compréhension des œuvres de Harriet Beecher Stowe et de Josiah Henson.
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