Chronique·par Nicolas Becard·3 novembre 2026

Fils de, de Thomas Vernay

Autour de Fils de (De Borée)

De retour dans son village natal pour enterrer son grand-père, Thibaut retrouve ses amis, ses rivalités et ses premiers émois le temps d’une journée et d’une nuit. Un premier roman réussi.

Couverture de Fils de, de Thomas Vernay (De Borée)

Une journée, une nuit, un village qui n’a rien oublié. ✨

Thibaut se voit contraint de retourner dans son village natal pour enterrer son grand-père et tenter de soutenir son père dans cette épreuve. Dès qu’il monte en voiture, le malaise est palpable, la communication maladroite et pour cause Thibaut et sa mère ont dû s’exiler sur Lyon pour fuir la violence du mari visiblement plus amoureux de la bouteille que de sa femme. Déracinement brutal d’un ado en pleine construction, le retour n’en est que plus amer.

Parvis d’église bondé, le village s’est donné rendez-vous pour l’ultime au revoir au défunt. L’angoisse de Thibaut est vite balayée lorsqu’il aperçoit Bruno, meilleur ami abandonné, à l’écart de la foule. Pas de temps à perdre, Thibaut repart le lendemain matin, une journée et une nuit s’offrent à eux. Papi mis en terre, le chrono se déclenche, mot d’ordre en profiter à toute berzingue.

Ce que Thibaut n’avait pas anticipé, claudiquant dans sa nouvelle vie lyonnaise, c’est que le village lui l’attendait, figé dans une stase revancharde. Les querelles, les rivalités amoureuses et autres émois vont demander leurs soldes de tout compte.

Dans cette ruralité baignée d’alcool, de violences, habitée d’hommes rustres handicapés du bonheur, où les rumeurs courent si vite qu’elles feraient passer Usain Bolt pour un cul-de-jatte, Thibaut retrouvera avec tachycardie la belle Romane et pourra heureusement compter sur l’intrépide Lilli du crépuscule à l’aube.

Thomas Vernay dépeint avec talent cet âge ingrat auquel on ne pense jamais survivre. Ce texte nous laisse littéralement en gueule de bois, poisseux, totalement repeints d’éjaculats alcoolisés d’une jeunesse qui fait bien comme elle peut. Ça chante, ça crie et au final nous bouscule bref une entrée en littérature réussie.

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