Chronique·par Nicolas Becard·8 octobre 2026
Que ta bouche me couvre de baisers, d’Antoine Vigne
Antoine Vigne
Autour de Que ta bouche me couvre de baisers
Damien revient à Arles placer son père en Ehpad et croise Saïd, réfugié syrien. Un roman sensible et érudit, une géographie du désir, de la passion amoureuse et du deuil.
Que ta bouche me couvre de baisers, un bien joli titre pour un roman à la fois sensible et érudit. Pour son deuxième roman, Antoine Vigne nous propose de suivre Damien de retour sur Arles pour acter le placement en Ehpad de son père Joris, homme complexe dévoré par l’oubli, tentant désespérément de se raccrocher à un passé familial assez obscur.
Damien croise Saïd dans la rue, une étincelle, un désir réciproque cependant contraint à la clandestinité. Saïd n’est pas seul, il a fuit la Syrie et est venu se réfugier en France avec femme et enfants.
Dans une prose libre et constellée, ce texte est hanté par de nombreux spectres, les pertes passées et la menace de celles à venir ébranlent l’équilibre de Damien.
On sent toute la passion de l’auteur pour l’histoire de l’art et l’architecture, le texte est fleuri de références.
S’il est vrai qu’il existe une diagonale du vide, ici, Antoine Vigne réussit brillamment à nous dessiner une perspective, une géographie du désir, de la passion amoureuse mais aussi du deuil. Une cartographie intime allant de Marseille à Montpellier, dans laquelle j’ai pu investir les lieux grâce à mes souvenirs personnels.
Une très belle découverte signée aux éditions Christian Bourgois.
