Chronique·par Estelle Normand·28 octobre 2026
Une bête à ton tour, d'Anna Haillot
Autour de Une bête à ton tour (Les Avrils)
Avec une langue aussi percutante qu'organique, l'autrice fait la peau aux mécanismes aliénant et annihilant de l'usine, leur violence, leur absurdité, l'inhumanité des conditions de travail et des dirigeants.
Une bête à ton tour (2026), premier roman d'Anna Haillot, Éditions Les Avrils, 240 pages
Avec une langue aussi percutante qu'organique, l'autrice fait la peau aux mécanismes aliénant et annihilant de l'usine, leur violence, leur absurdité, l'inhumanité des conditions de travail et des dirigeants.
Le quotidien quand on a pour seul horizon la Zone, le bruit omniprésent, la répétition, les corps corvéables à merci, dépossédés, rongés, intoxiqués, l'effacement de soi au profit d'une chaîne infernale où chaque rouage défaillant menace l'ensemble des travailleurs, l'absence de considération, l'absence de protection, la perte de sens.
Et puis, la lumière malgré tout, envers et contre tout, la famille, les amis, les animaux, la photographie, l'espace, la poésie, la vie.
Un brillant premier roman de la rentrée littéraire qui m'a retourné les tripes.
Normand, Estelle. « Une bête à ton tour, d'Anna Haillot ». French Press, 28 octobre 2026, https://frenchpress.media/publications/une-bete-a-ton-tour-anna-haillot.
