Chronique·par Nicolas Becard·25 octobre 2026
Nymphéas, de Marie-Hélène Lafon
Marie-Hélène Lafon
Autour de Nymphéas (Buchet/Chastel)
Face aux Nymphéas de Monet au musée de l’Orangerie, Marie-Hélène Lafon signe un petit texte de 23 pages, charnel et poétique.
Quand Marie-Hélène Lafon s’allonge face aux Nymphéas.
Le 29 décembre 2025, dans le cadre de son cycle de lectures musicales « L’écho des Nymphéas », le musée de l’Orangerie a offert à Marie-Hélène Lafon un tête-à-tête rare avec l’œuvre monumentale de Claude Monet.
De cette rencontre est né un petit texte de 23 pages, publié aux éditions Buchet/Chastel.
Des deux salles consacrées, l’autrice se dirige d’instinct vers la seconde, « la crépusculaire ». Un appel charnel qui tend vers ces couleurs en apparence plus sobres moins épanouies, plus duveteuses et secrètes. Ce temps du malentendu, du pas tout à fait advenu, entre chienne et louve.
Face à une telle grandeur, l’autrice gionesque, digne de María Borrély, ne recule devant aucune gymnastique : dressée, accroupie, couchée dans cette tanière pour mieux appréhender, apprivoiser les perspectives et pénétrer la toile.
La pulpe des doigts picotante, l’envie de braver l’interdit est là : caresser le velours des pourpres, les verts et bleus attendus, le jaune insolent, la confiance muséale en retenue.
Puis la magie picturale commence à poindre, charriant son lot de réminiscences. L’expérience de la position allongée qui invite le souvenir du père en sieste dans cette horizontalité idoine.
Un petit format parfait pour affronter la monotonie qui pointe ses gris, armés, poésie en poche.
Marie-Hélène Lafon a dit ce texte le 30 mars 2026, accompagnée de Maëva Le Berre au violoncelle.
Becard, Nicolas. « Nymphéas, de Marie-Hélène Lafon ». French Press, 25 octobre 2026, https://frenchpress.media/publications/nympheas-marie-helene-lafon.
