Chronique·par Estelle Normand·5 novembre 2026

Ce qui cède, de Lou Tsatsas

Autour de Ce qui cède (Double Ponctuation)

Céder n’est pas consentir : un récit essentiel, parcouru d’une rage salvatrice, qui interroge le système patriarcal et la question du consentement.

Le livre Ce qui cède, de Lou Tsatsas

Premier livre de Lou Tsatsas (2026), Éditions Double Ponctuation, 119 pages.

Une journaliste contacte l’autrice pour l’interviewer sur son vécu, « son aventure avec le violeur de Tinder », ce qui lui est arrivé il y a environ trois ans. La femme lui parle de stats, c’est bon pour l’audimat. Surtout qu’elle, elle a eu la chance de ne pas faire partie de ses victimes. En apparence. Pas de soumission chimique, pas de film, pas de photographie. Rien de spectaculaire. Venir, se laisser faire. Ne pas dire oui, attendre que ça passe, dissociée, plus proche d’une poupée gonflable que d’une femme, loin de se demander si l’envie, le plaisir, le désir. Devenir une forme inerte qui laisse l’homme prendre ce qu’il a à prendre. Peut-on vraiment parler d’une relation consentie ?

Céder n’est pas consentir. Une phrase qu’on voit sur les murs en grand dans la rue, une évidence pourtant si difficile à intégrer. Le consentement est une question complexe qui touche à notre société, à notre humanité.

Ce qui cède est un récit essentiel parcouru d’une rage salvatrice qui interroge le système patriarcal, la façon dont il formate les hommes et les femmes, le conditionnement dès le plus jeune âge, la banalisation du v*ol conjugal, l’incompréhension des proches, les croyances autour du statut de victime et leur prise en charge, notamment médicale, la réception de leur parole, le jugement des agresseurs.

Un livre qui touche au cœur.

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